Pendant mes vacances en Aveyron, j’ai profité d’une belle journée ensoleillée pour me rendre à Decazeville, ancienne ville minière, qui avait attiré mon attention depuis déjà pas mal de temps en raison de l’évènement de street art qui s’y déroule depuis trois ans déjà, le festival MURMURS.
Ce festival parrainé par Jo Di Bona et Amélie Vielle a su attirer des artistes connus sur la scène nationale et internationale, comme vous allez le voir. Le festival est tout récent puisque c’est en mai 2019 qu’une première session a accueilli Kouka, Alber, KinMX et bien d’autres pour une première « livraison » de fresques murales. Decazeville était au XIXème siècle une ville très active de par sa richesse minière et sidérurgique, mais comme toutes les villes de ce bassin houiller, elle a été sinistrée avec la fermeture des mines dans les années soixante et soixante-dix, et une population vieillissante en raison du manque d’emplois. Cette manifestation apporte un peu de couleurs (et un public certain) dans le quotidien des habitants. Elle met aussi la ville sous les projecteurs du monde du street art, pour ma part c’est ainsi que je l’ai connue.
Je suis ravie aujourd’hui de vous livrer un aperçu des dessins produits au cours de ces trois sessions … mais avant toute chose, arrêtons-nous à l’office du tourisme pour y prendre un plan très bien fait, qui donne aussi une courte bio de chaque graffeur. Aucun thème n’a été imposé aux artistes, aussi les fresques sont très variées, vous allez le constater.
L’une des fresques les plus impressionnantes, créée pour la session 1 en mai 2019, en tous cas par sa taille, est celle d’Astro , qui se décline sur trois faces de la tour du Parc, près de la gendarmerie. Je vous ai déjà parlé de cet artiste dans mon article sur le village street art Azureva ou le Zoo Art Show de Lyon . Cette première session a réuni huit artistes.
Vous savez qu’ Alber est un de mes artistes préférés … j’étais ravie de le voir ici, pour deux fresques ! Celle-ci a aussi été réalisée lors de la première session, sur la façade du hangar des services techniques de Decazeville. Je suis toujours fan de ces combinaisons de couleur et je suis ravie qu’il soit venu au Groupama Stadium pour peindre dans la Offside Gallery, et présent au Zoo Art Show XXL cette année.
Kinmx est le nom d’artiste de Kathrina Rupit, originaire de Mexico, mais qui vit maintenant en Irlande, à Dublin plus précisément. Même si elle n’est pas encore très connue, elle participe tout de même régulièrement à des festivals en Europe.
Kouka Ntadi, dans la zone du Centre, a peint un groupe de trois femmes, cela me rappelle un peu son mur peint dans le parking du Renaissance Paris République.
Voici un portrait très mélancolique de Iljin , qui bien que polonais vit lui aussi en Irlande, comme Kathrina Rupit dont on a parlé un peu plus haut. Il a surtout posé ses créations dans ce pays mais j’espère qu’il reviendra en France régulièrement, car il est très doué ! On retrouve souvent le bleu dans ses oeuvres, et des modèles féminins, préparant en amont des pochoirs tant pour les motifs abstraits que pour le personnage.
Une deuxième session a eu lieu dès le mois suivant en juin 2019, c’est à ce moment-là que Doudou style & Stoul ont peint ce mur du parking de la maison de la santé. Ce deuxième opus a réuni pas moins de treize artistes !
Le duo Monkey Bird Crew a peint « Le Pêcheur » sur le pignon Ouest de l’Immeuble des Casernes (Laminoir). Ce sont deux artistes de Bordeaux qui sévissent ensemble depuis 2012 ; je me souviens avoir vu une de leurs grandes fresques à Grenoble ; maîtres de la technique du pochoir, avec une finesse incroyable, où singe et oiseau sont des personnages récurrents. Ils ne se limitent pas aux murs, et utilisent d’autres supports comme le bois, le verre, le métal ou le papier.
Place Decazes, une belle fresque d’ Ardif, qui pour une fois n’est pas réalisée en papier, ce qui explique sa longévité. Il mêle animaux et mécanismes pour dévoiler des créatures hybrides très réussies, les « mechanimals » ; si vous êtes fan achetez le livre qui les répertorie, aux Editions French Art Collection (19,50 €) qui comporte plus de 200 pages.
La pinup sexy de Vinie Graffiti s’est installée sur le pignon est de l’immeuble Trépalou, un emplacement de choix car on la voit de loin !
Le succès des deux premières sessions est tel qu’une troisième est programmée sur octobre et novembre 2019, douze nouvelles fresques ont vu le jour sur un grand terrain inoccupé, dans la zone dite du « Centre » : Mur Murs fait le mur. J’avais un peu peur de ne pas les voir car elles n’étaient supposées rester en place que jusqu’à fin juin 2020. Heureusement, sans doute en raison de la crise sanitaire, leur séjour a été prolongé … C’est un partenariat fait avec l’entreprise Ondulia (société spécialisée dans les énergies renouvelables), qui a offert ces 6 panneaux en béton, peints recto-verso par les artistes. A la fin de l’exposition ces panneaux partiront en Ariège, chez leur propriétaire. On y retrouve à nouveau Kouka, au centre dans la photo ci-dessous. (L’hôtel de ville en arrière-plan) (à gauche Iljin, à droite Hazul)
Ces panneaux sont très stables, de 6 mètres de long sur 3,40 mètres de haut ; l’artiste gagne du temps car il n’a pas besoin d’utiliser de nacelle pour exécuter sa peinture. On retrouve ici une collaboration entre Jo Di Bona et Astro. Ces murs mobiles d’expression et d’exposition artistique » sont en béton lisse et propre, pas de préparation nécessaire du support comme pour un mur en ville, qui est sale et parfois avec des aspérités.
Vu également au Renaissance République ou encore dans le quartier des Batignolles, Zenoy a signé un très beau mur intitulé « Forever ». Vous avez remarqué la belle hirondelle ? Un de ses derniers travaux a été fait en Picardie, à Pont-l’évêque.
Comment ne pas être captivé par le regard féminin peint par Hopare ? (Alexandre Monteiro) artiste né en région parisienne mais très actif à Bordeaux, qu’on ne présente plus ! Il avait également peint sur le pignon ouest du lycée La Découverte, l’année précédente.
On retrouve avec plaisir aussi Vinie Graffiti , présente au Peinture Fraîche festival de Lyon, ou par exemple le long du Canal Saint-Martin, ou du canal de l’Ourcq.
A voir aussi :
L’église Notre-Dame n’est pas très ancienne, elle a été construite au XIXème siècle. De façon surprenante on y trouve des toiles du peintre très connu Gustave Moreau qui datent de 1863. En tout 14 toiles qui représentent le chemin de croix ; c’est d’ailleurs une oeuvre classée Monument Historique.
Si cela vous intéresse, vous pouvez aussi visiter le musée du patrimoine industriel et minier (ouvert seulement l’après-midi, du mardi au samedi) ; dans un des bâtiments près du terrain où se trouvent les panneaux, on peut apercevoir d’anciennes machines par les fenêtres.
En vous promenant dans la ville, j’espère que vous verrez la jolie façade en mosaïque de la poissonnerie (commerce fermé hélas, mais plus à vendre) rue Cayrade. J’ignore de quand elle date, si quelqu’un sait ?
Quelques jolis bâtiments du début du XXème siècle, comme cet « Hôtel de France », fermé depuis très longtemps et en attente d’une réhabilitation immobilière, peut-être une résidence « seniors ».
J’espère que cet aperçu des murales peintes à Decazeville dans l’Aveyron vous a plu, n’hésitez pas si vous avez des questions, je serais ravie d’y répondre !
Pour en savoir plus sur les fresques et les artistes, cliquez sur les liens tout en bas de cet article, et vous pouvez aussi ajouter celui-ci dans vos boards Pinterest en cliquant sur la photo ci-dessous.


Decazeville Communauté
Site Web : https://www.decazeville-communaute.fr
Festival MurMurs
Instagram : https://www.instagram.com/murmursfestival/
6 réponses sur « Street art à Decazeville »
woaw quelle claque ! une belle façon de rebondir pour cette ville
oui j’ai été surprise de la qualité des fresques en effet !
Autant de grands noms du genre, c’est impressionnant ! Ca dynamise la ville c’est top !
oui, et elle en avait bien besoin …
Encore une belle découverte grâce à toi, ma préférée est celle d’Alber bien sûr 😀
[…] mi-oiseau. Je vous recommande d’aller à Antibes voir leur énorme fresque ! (670 m²) ou à Decazeville en […]