Street art à Moûtiers

Cela faisait un moment que j’avais cette ville de Savoie dans mon radar … deux éditions fantastiques du festival Eternelles Crapules, en 2018 et 2019, ont laissé plus d’une vingtaine de superbes fresques à Moûtiers. Cet évènement dédié à l’art, créée par Maël Chemitick et Lucas L, n’aurait pas eu lieu sans la collaboration de la municipalité et d’acteurs territoriaux (la communauté de communes de la Tarentaise) et bien sûr de mécènes privés (entreprises).

Un outil très utile est la carte mymaps qui se trouve sur le site trompeloeilinfo !

Je commence par un artiste installé à Lyon, Kalouf que vous connaissez peut-être, ainsi que son collectif Blastart. Ce poulpe s’étale sur une bonne longueur du mur, désolée, je n’avais pas un grand angle !!!

eternelles crapules kalouf poulpe

Un peu plus loin, au niveau d’un rond-point, je reconnais Y?not parmi ce mur d’art collectif avec « les crapulades »… c’est un graffeur originaire de Bourg-en-Bresse dont on voit très souvent les oeuvres à Lyon aussi … je suis toujours aussi fan de ses dessins colorés, qu’il réalise au pochoir ou au pinceau, avec des effets parfois de déchirure, et un style qui rappelle la pop culture et les comics.

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Toujours ravie de découvrir des artistes inconnus (pour moi) … me voici maintenant dans la zone commerciale, avec un beau mur (hélas un peu gâché par les bouteilles de gaz stockées là) de Debza, une femme serpent assez étrange, style Manga ! Il est venu de Toulouse pour participer au festival Eternelles Crapules ; autodidacte, cet illustrateur aime les voyages, ainsi il a pu exposer à Montréal ainsi qu’à Tokyo.

street art moutiers debza

Les parkings sont propices aux fresques murales … ainsi ces « smileys en folie » peint par Debza également. Près du supermarché de la ville, ils ont une forme de coeur, de pièce et ils évoluent au milieu d’un fil de fer barbelé.

éternelles crapules moutiers

Au même endroit, mon coup de coeur je pense parmi tout ce que j’ai vu est sans doute pour « Cycle 2309″ de Russ, une femme à la chevelure agrémentée de fleurs et de feuilles … pas facile à photographier car toute en longueur (35 mètres, vous ne voyez donc ici qu’une partie), et il y avait quelques voitures garées devant … Je pense que pour ce spot, il est judicieux de venir en dehors des heures d’ouverture du supermarché. Russ aime inclure des végétaux dans ses créations oniriques, il aime s’interroger sur les cycles de la vie … il réalise de grandes fresques murales, mais expose également en galerie.

Russ Eternelles Crapules Moutiers

Voici un mur double, peint par le chilien Rodrigo Estoy, un portrait saisissant à droite, et un détail sur la gauche. Le personnage (Leńa ?) tient probablement ce bouquet dans les mains, il nous fixe avec un regard un peu triste … j’aime les tons bruns, vert et or utilisés par Rodrigo, qui partage sa vie entre Santiago dans son pays natal, et Barcelone.

moutiers street art

Dans un style tout à fait différent, voici un tryptique de loups, « la meute » de Cofee (du crew TSK), sur un fond de motifs de calligraphie, qu’on retrouve ailleurs sur ce bâtiment. Dans la même ville, il a peint un aigle en vol.

cofee street art moutiers loups

La fresque saisissante d’Alberto Ruce s’est hélas pas mal estompée avec le temps, et j’avoue que je suis passée deux fois devant sans la remarquer ! Ce sicilien a déjà participé à plusieurs festivals majeurs, dont le StreetartFest à Grenoble. Il a exposé très récemment en galerie parisienne, il a d’ailleurs vécu pendant cinq ans à Paris. Il est maintenant basé à Marseille, un lieu à mi-chemin entre France et Italie, ses deux pays de coeur.

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Je vous ai assez souvent montré les fresques de Zabou , et j’étais ravie de la retrouver ici dans ce portrait intrigant d’une femme lisant un livre … L’inclinaison du toit de la maison épouse la forme du livre, c’est très bien vu ! Les portraits de cette française basée à Londres depuis de nombreuses années sont toujours parfaitement exécutés … souvenez-vous de ces trois portraits qu’elle a peint à l’Ecole Chappe (Saint-Etienne). On aimerait bien la voir à Lyon !

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Je rejoins le faubourg de la Madeleine, avec ses maisons colorées, une voie ornée de parapluies de couleur. Une première demeure en démolition ou réhabilitation est recouverte d’éclaboussures par Simon Maps …. sur lequel je n’ai trouvé aucune info, et j’en suis bien désolée ! Si quelqu’un a des infos sur lui, son compte instagram ou Facebook, cela m’intéresse !

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Sur la vitrine d’une boutique fermée, je remarque un beau collage de Sonac : un zèbre me regarde sur un fond de papier peint un peu vieillot … Dans la même ville et toujours pour Eternelles Crapules, elle a collé un éléphant. Ce ne sont pas les commerces fermés qui manquent, hélas, à Moûtiers … Les collages animaliers de cette photographe-plasticienne sont réputés dans le monde entier, elle les a d’ailleurs déposés récemment dans la ville de Milan.

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Toujours dans cette rue en mutation, pas mal de travaux prévus j’ai l’impression … je retrouve Tank & Popek (à gauche) et Marthe (à droite). Le duo a réalisé deux fresques pour l’édition 2018 du festival. Dans ce « Belle et la bête », la Belle est tatouée d’une tête de loup, un rappel de la réintroduction de cette espèce il y a quelques années dans le parc national de la Vanoise.

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Place Georges Mayard, nous retrouvons Hervé le maraîcher, un portrait peint par le nîmois SwedOner ; l’artiste trouve toujours ces personnages de la vraie vie sur le lieu où il exécute sa fresque, souvent sur fond noir. Vous avez peut-être vu sa gitane à Montmartre ?

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En m’éloignant du centre, je découvre d’autres fresques, très grandes : tout d’abord Rafi Wood qui a peint une « Savoyarde » plutôt décalée, qui me fait plutôt penser à Esmeralda, même si elle a deux faons marionnettes à ses pieds ; on retrouve une allusion à la Savoie dans l’arrière-plan qui représente une montagne, dans le collier de la jeune femme . Je ne connaissais pas cette artiste portugaise, il faudra que j’essaie de voir d’autres oeuvres d’elle si je vais à Porto un jour !

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Je termine ma visite avec cette grande fresque de Koga One, dont j’avais déjà vu le travail au Zoo Art Show 3 mais aussi à Abbeville pour Transition Espace Ephémère. Son style est reconnaissable entre tous, mêlant visages entiers ou partiels avec des éléments graphiques.

eternelles crapules kogaone

 

J’espère que vous avez aimé cet aperçu du street art dans cette ville !

Après deux saisons passées à Moûtiers, et un désaccord avec la municipalité, Eternelles Crapules s’est installé avec grand succès pour une troisième et quatrième saison à Briançon dans les Hautes-Alpes … cela fera l’objet d’un prochain article sur ce blog !

ETERNELLES CRAPULES
Site Web : https://www.eternellescrapules.com

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