Après une premier séjour au nord de l’île de beauté où nous avons découvert Bastia ainsi que le Cap Corse, nous avions opté une deuxième fois pour le Golfe d’Ajaccio …. et pour notre troisième séjour, le sud !
Bonifacio est sans conteste un incontournable de cette région de Corse, un site prestigieux, une ville enracinée sur des falaises couleur craie à la blancheur éclatante. Sa forteresse millénaire, ses trésors d’architecture militaire et religieuse, ses maisons perchées à 60 mètres au-dessus de la mer valent vraiment le détour.
Où se garer ?
Si vous venez en voiture, je vous donnerais deux conseils très importants : VENEZ TÔT …. les places sont limitées dans les parkings, qui se remplissent très très vite. Contrairement à ce que dit le Guide du Routard, je conseille plutôt de vous garer près de la ville haute, le P5 par exemple, qui se trouve tout près du cimetière marin et du gouvernail. Vous aurez une très belle vue sur les falaises et le goulet, avant de rejoindre à pied le centre ville. Autre option, venir en fin de journée, pour admirer les belles couleurs du soleil couchant sur les falaises.
La vieille ville
Le quartier du port, en ville basse, n’a que peu d’intérêt, il est constitué d’immeubles récents d’un côté, et de restaurants et boutiques à la suite les uns des autres de l’autre côté. Par contre si vous avez prévu une excursion en bateau jusqu’aux îles c’est bien entendu un endroit stratégique car tous les départs se font d’ici. On peut y voir aussi quelques bateaux de plaisance, mais l’ambiance n’est pas chic comme à Saint-Tropez, loin de là.
Comme je l’ai dit plus haut, nous étions garés près de la ville haute, sur le « plateau du Boscu », aussi nous avons commencé notre visite par le charmant cimetière marin de Saint-François. Autrefois se trouvait ici un couvent franciscain ; maintenant ce cimetière ressemble un peu à un petit village, avec en son centre un monument aux morts en honneur des soldats tombés lors de la guerre de Crimée de 1853 et celle de 1870.
Certaines sépultures sont vastes et cossues, en effet les familles bonifaciennes les plus fortunées d’autres plus modestes, envahies de coquelicots.


Non loin, le gouvernail de Corse : cet ancien ouvrage militaire date de 1880, et débouche, après avoir descendu 168 marches, sur un énorme roc, situé à dix mètres au-dessus de la mer, surnommé par les pêcheurs « le Gouvernail », en raison de sa forme.



Les militaires y avaient installé un projecteur très puissant qui éclairait à plus de douze kilomètres, il a hélas disparu mais on peut encore voir l’endroit où il était positionné et stocké lorsqu’il n’était pas utilisé. Le but était de surveiller la nuit l’entrée du port et les Bouches de Bonifacio, (et même jusqu’aux côtes de la Sardaigne) deux endroits stratégiques en matière de défense.

Bon à savoir : l’accès n’est pas adapté aux PMR.
Déplacez-vous sur l’autre côté du parking, pour voir le « goulet », ce bras de mer où les navettes, voiliers, passent pour rejoindre le port …. la mer a une couleur fantastique !

On continue à pied en traversant une zone un peu tristounette qui semble abandonnée, de grands bâtiments autrefois occupés par la Légion Étrangère. Auparavant, on passe devant quelques ruines de tours (des moulins ?) nous intriguent un peu, mais il n’y a aucun panneau pour nous en dire plus, c’est dommage …

Nous arrivons assez vite à l’église Saint-Dominique (XIIIe siècle), qui est la seule église catholique de la ville. Son élégant campanile se voit de loin, et à l’intérieur on découvre un riche mobilier, un maître-autel en marbre, et plusieurs tableaux italiens du XVIIIe siècle.


Voici la porte de Gênes, imposante, date du XVI et on distingue encore les traces du pont-levis d’origine. On passe dessous pour pénétrer dans la ville haute.

Je vous conseille de visiter le bastion de l’Etendard, des fortifications qui ont été construites à la fin du XVe siècle pour protéger la porte de Gênes (qui était à l’époque le seul moyen d’accéder à la ville haute). J’ai trouvé la visite intéressante, on passe sur les différentes terrasses et coursives du bastion, profitant aussi de magnifiques points de vue. La visite se termine par le jardin des vestiges, de modestes ruines médiévales (remparts du XIIIe siècle).

Dans les profondeurs, une exposition nous relate l’histoire de mille ans de fortifications de la citadelle, sous forme de panneaux et vidéoprojections.
Bon à savoir : il existe un ticket jumelé avec l’escalier du roi d’Aragon, cela permet de faire une petite économie.
Dans la rue des deux empereurs, (ou plutôt une ruelle !) on remarque deux portes d’immeuble presque face à face. Les façades sont plutôt quelconques, mais l’une des maisons a hébergé Charles Quint en 1541 (numéro 4), et l’autre, Napoléon Bonaparte, en 1793, pour une durée de deux mois (numéro 7).

Un superbe clocher de pierre blanche permet de reconnaître l’église Sainte-Marie-Majeure. C’est l’un des plus vieux bâtiments de Bonifacio, sa construction date du XIIIe siècle, mais il fut remanié plusieurs fois.


L’église Saint-Jean-Baptiste est surprenante par sa petite taille … mais elle vaut le détour, on y voit par exemple une grande scène sculptée de la Décollation de saint Jean-Baptiste en bois polychrome du XVIe siècle. Celle-ci est portée sur sa châsse lors des processions le Vendredi saint.


Également minuscule, l’église Sainte-Croix située dans la rue Saint-Dominique, qui abrite un reliquaire qui contiendrait un fragment de la vraie Croix. Son rôle était de gérer les hospices civils de cette rue, et était connue comme « maison de la miséricorde » ; elle fait partie des cinq confréries bonifaciennes.


Voici une façon de découvrir les falaises de Bonifacio de façon assez originale : en empruntant l’escalier du roi d’Aragon. Cet escalier taillé dans la falaise est en effet une des curiosités de la ville. Il faut être en bonne condition physique, car si la descente des 189 marches se fait aisément, …. sachez qu’il faut les remonter ensuite ! L’escalier aurait été construit afin d’atteindre une nappe d’eau douce en contrebas, qui se trouve dans la grotte Saint-Barthélémy.
Bon à savoir : le casque est fourni, mais des chaussures fermées sont exigées, donc ne comptez pas y aller en tongs ou claquettes !


À voir aussi
Nous sommes revenus à Bonifacio plus tard dans la semaine, cette fois-ci pour prendre le bateau au port, pour une excursion aux « îles Lavezzi ». En fait il paraît qu’on peut aussi trouver une bateau qui va sur l’île de Cavallo (île pour les milliardaires) mais cela n’a pas d’intérêt. Nous sommes donc allés sur l’îlot principal, et nous sommes restés environ deux heures, le temps de marcher un peu et de profiter d’une petite plage de sable fin et de nous baigner parmi les poissons.


Sur place, vous remarquerez une pyramide, un petit phare et deux cimetières (nous avons vu l’un deux). Pourquoi des cimetières ici, alors qu’il n’y a aucune habitation ? Il s’est produit un drame le 14 février 1855, au sud-ouest de cet îlot. Pendant la guerre de Crimée, la frégate à voile « La sémillante » est prise dans une violente tempête et fait naufrage dans la nuit, entraînant la mort des 394 militaires et 308 hommes formant l’équipage. 700 personnes perdent la vie, on ne retrouvera pas tous les corps, et seuls celui du capitaine et celui de l’aumônier seront reconnaissables. Faute de moyens de transport, on les enterrera sur l’île, dans ces deux cimetières.


Il n’y a pas grand chose d’autre à voir, nous avons donc posé notre serviette sur une des petites plages et profité de la baignade au milieu des poissons (apportez des biscuits ou du pain pour les attirer).
Toujours le même conseil, venez tôt car de nombreux bateaux déversent des floppées de touristes toutes les heures …. et ne manquez pas le dernier bateau, sinon vous dormirez sur place (il n’y a aucune structure de restauration ni d’hébergement, donc prévoyez à manger et surtout à boire en été). Par ailleurs vous êtes sur une réserve naturelle donc ne pêchez pas, ne chassez pas et ne cueillez pas de végétaux.
Il existe différentes compagnies, nous avons utilisé SPMB je n’en ai pas de particulière à recommander. C’est assez cher, nous avons payé 37 € par personne pour l’aller-retour. Il est également possible de faire cette balade à bord d’un catamaran, avec en plus du snorkeling, mais le départ se fera de la plage de Piantarella.

Où dormir à Bonifacio ?
Si vous préférez rester en dehors de l’agitation de la ville, je vous conseille l’établissement Prea Gianca, qui dispose d’un très beau jardin et d’une piscine, idéal à la belle saison.
Si au contraire vous voulez absolument être au coeur du centre historique de Bonifacio, alors le Colomba Hôtel est fait pour vous. Il a de plus un restaurant ainsi qu’un parking privé gratuit.
Où manger ?
C’est une adresse qui a déjà fait ses preuves, dans l’artère très animée qu’est la rue Doria. Installé dans une très ancienne maison, la Cantina Doria propose un menu corse mais aussi une carte avec des plats très tentants. J’ai choisi une daube de porc à la Pietra (bière corse), excellente, servi avec des pommes de terre et des châtaignes. En dessert je conseille la crème renversée au cédrat, un délice, fait maison bien sûr.

Cantina Doria – 27 rue Doria (accepte les chèques ANCV)
J’avoue que j’étais un peu hésitante car ce restaurant n’a pas une très bonne note dans les avis Google. Mais nous avons tenté quand même, en revenant de notre tour aux îles Lavezzi, et nous avons bien fait. Le service était rapide mais aimable et pas pressant, et les moules marinière comme le fish and chips commandés étaient très bons, ainsi que la crème brûlée à la pistache.

Côté fruits de mer – 57 quai Jérôme Comparetti
Où acheter du bon pain et quelques douceurs ?
Je conseille l’excellente boulangerie Ciccio où vous trouverez le pain des morts, la spécialité locale, ainsi que des fiadone.

Ciccio – 10 rue Saint-Jean Baptiste
Où déguster une glace ?
Si vous aimez les glaces artisanales sans additifs et cochonneries diverses, alors je vous conseille ce glacier, où il y a souvent une file d’attente, preuve que c’est bon ! Nous avons goûté les parfums farine de châtaigne et clémentine, un vrai délice.

La Rocca Serra – boutique au niveau du port mais aussi en ville haute
17 quai Jérôme Comparetti
17 rue Doria
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