Cet été nous avons passé plusieurs jours en famille dans l’Ouest de l’Allemagne, région que nous ne connaissions pas encore. Deux semaines qui nous ont permis de découvrir entre autres la région de la Moselle. C’est par Trèves que je vais débuter mon récit, une ville où l’on peut séjourner une à deux journées, il y a pas mal de points d’intérêt, comme vous allez le voir. Elle est située non loin de la frontière luxembourgeoise, d’ailleurs vous pouvez peut-être relire mon article sur Luxembourg ?
On ne sait pas trop laquelle, de Worms ou de Trèves (Trier en allemand) remporte le titre de « plus ancienne ville d’Allemagne », mais finalement peu importe. Elle était la capitale de l’empire romain d’Occident au 3e siècle de notre ère, ce qui explique son classement au patrimoine mondial de l’Unesco en 1992. On y découvrira également des monuments de l’époque médiévale.

Comme je vous le disais en introduction, Trèves est une cité très ancienne, fondée par l’empereur romain Auguste. C’est pourquoi on y trouve des ruines intéressantes, comme par exemple les thermes impériaux, qui remontent eux à Constantin 1er. Au cours de notre déambulation, on admire les murs incurvés aux larges fenêtres à arcatures, construits en pierre blanche et briques rouges, on traverse le caldarium où on se plongeait dans un bain chaud, ainsi que le tepidarium, salle tiède. Les bains glacés se prenaient dans le frigidarium, et une cour était dédiée à la pratique de la gymnastique. Il semble cependant que ces installations de bains publics n’aient jamais été mises en service. En effet, le palais de Constantin fut transféré à Constantinople et les bâtiments déjà construits demeurèrent inutilisés, transformés bien plus tard en caserne.



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Juste en face, il suffit de traverser de beaux jardins à la française orné de pièces d’eau, de parterres fleuris et de statues baroques pour atteindre l’ancien palais du prince électeur, un édifice de style Renaissance, que nous n’avons pas visité hélas. La construction débuta en 1615 mais l’aile rococo fut construite plus tard, au milieu des années 1700.

Nous rejoignons le centre historique à pied pour la suite de notre visite ….

La basilique Konstantin était à l’origine la salle principale de la résidence impériale ; c’est un grand bâtiment rectangulaire en brique, assez austère. Il impressionne par ses dimensions et sa simplicité, il abrite aujourd’hui une église protestante.


Nous poursuivons notre visite avec la cathédrale Saint-Pierre, a l’aspect original puisqu’elle ressemble à une forteresse, avec ses six tours. C’est un bel exemple de l’architecture romane primitive. Si vous faites un peu attention, vous verrez un tronçon de colonne de l’époque romaine au sol, à proximité du portail : il s’agit de la « pierre de la cathédrale ».


L’intérieur de l’église est de style baroque, avec des retables intéressants, et un monument funéraire gothique consacré à l’archevêque et prince-électeur Baudouin de Luxembourg (dans le choeur ouest, à gauche de l’entrée).

Je vous recommande un petit détour par le cloître, si calme, avec très peu de visiteurs.

L’église Notre-Dame (ou Liebfrauen basilika) est contiguë à la cathédrale (on manque presque la porte d’entrée d’ailleurs). C’est l’une des premières églises gothiques d’Allemagne, avec un plan du bâtiment qui forme une croix grecque, une inspiration qui vient des modèles champenois. L’intérieur a beaucoup de charme et recèle des éléments très beaux comme les représentations de la Vierge en Majesté, l’annonciation, l’Adoration des Mages, le Massacre des Innocents et la Présentation au Temple.


Nous quittons le parvis de la cathédrale par le Sternstrasse, où quelques façades valent le coup d’oeil.

Celle-ci débouche sur la grande place du marché (Hauptmarkt) avec en son centre une croix qui date de 958. La fontaine Saint-Pierre, ornées des figures des vertus cardinales est bien plus récente (XVIe siècle). La place est bordée de maisons anciennes qu’il faut admirer en prenant son temps, notamment côté ouest de jolies demeures à colombages qui datent de la Renaissance et de l’époque baroque.


Côté sud de Hauptmarkt, l’église gothique de Saint-Gangolf mérite le détour, avec une magnifique porte d’entrée baroque. C’est, après la cathédrale de Trèves, la plus ancienne église de la ville.


Autre vestige très important laissé par les romains, la Porta Nigra, (ou Porte Noire) qui en a fait son emblème, avec également une classification au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO. C’est le plus grand édifice que cette civilisation a laissé sur le sol allemand. Cette porte monumentale défendait la partie nord de l’enceinte. Sa construction est remarquable car elle consiste de pierres ajustées les unes aux autres sans mortier ! Ce sont des crampons de fer qui les retiennent entre elles. Au XIe siècle, la porte fortifiée fut transformée en église à deux niveaux, consacrée à saint Siméon ; on peut voir d’ailleurs encore l’abside romane sur le côté est.

Non loin se trouve la statue de Karl Marx, un personnage bien connu dans le monde entier, qu’on retrouve ici car il est né à Trèves. Plus loin j’évoque sa maison natale transformée en musée.

Avez-vous lu mon article sur les cimetières londoniens de Highgate ? C’est là-bas en effet que repose l’illustre philosophe.
Construite à flanc de montagne, une arène romaine qui pouvait contenir vingt mille spectateurs fait partie des vestiges de Trèves. Il reste cependant assez peu de ce qu’elle était à l’époque (figurez-vous qu’au XVIIIe siècle les gradins servirent pour la culture de la vigne !). Par contre il est intéressant de voir ce qui se passait en dessous, dans les souterrains, qui servaient à entreposer les machineries et les accessoires de théâtre.


La maison natale de Karl Marx a été transformée en musée, on y trouve des informations sur la vie et l’oeuvre du philosophe dont la doctrine a beaucoup fait parler d’elle. Le petit jardin derrière la maison est assez charmant.

Nous continuons à nous promener dans les rues commerçantes du centre ville, aux très belles façades, surtout la Neustrasse, piétonne avec de nombreuses boutiques.

Un peu par hasard, nous arrivons à l’ancienne Université, où se trouve aussi le séminaire épiscopal. Les parties les plus anciennes de celui-ci ont été construites en 1610 ; ce sont les jésuites qui l’animaient suite à la demande du prince électeur Jakob von Eltz. Elle est fermée depuis 1798, c’est le lycée Friedrich-Wilhelm qui l’occupe désormais.

Juste à côté, l’église des Jésuites est la dernière demeure de Friedrich Spee, célèbre pour ses cantiques et son réquisitoire contre les procès de sorcières. Elle date du XIIIe siècle.

Enfin, je vous conseille un détour par la place Kornmarkt près de l’ancienne poste principale située côté ouest (Posthof). C’est là que se déroulait l’ancien marché aux blés de la ville. Mais la star c’est la superbe fontaine, qui est paraît-il la plus belle de style rococo en Allemagne. En été il est bien agréable d’y flâner ou de prendre un verre sur l’une des terrasses. Il y a également une très grande librairie ici, qui s’appelle Thalia.


On passerait presque devant Frankenturm sans la remarquer, car elle n’est pas tellement mise en valeur. C’est une tour fortifiée médiévale du XIe siècle qui se trouve dans une rue qui mène au marché, Dietrichstrasse. C’était une tour défensive, mais aussi résidentielle ; les fonctionnaires de l’archidiocèse y logeaient, devant grimper les barreaux d’une échelle pour accéder à leurs étages. Désormais elle n’est ouverte que pour des évènements ponctuels, concerts, expositions …. se renseigner auprès de l’office du tourisme pour une visite éventuelle, sur rendez-vous.

À proximité
Un autre vestige important que nous ont laissé les romains, la villa romaine située à Nennig, à 42 km au sud de Trèves. C’est en 1852 que furent découverts les restes d’une immense villa de 120 mètres de long. Il n’en reste rien à part un magnifique sol en mosaïque, composé de huit médaillons, entourés de motifs géométriques finement travaillés, qui représentent des scènes de combat avec des gladiateurs et des animaux. On peut supposer que le même type de « jeux » se déroulaient dans les arènes que je vous ai montrées plus haut.


Où manger ?
J’avais repéré ce restaurant en préparant mon voyage, aussi dès notre arrivée nous avons « mis les pieds sous la table », bien accueillis par la propriétaire. Le hasard a bien fait les choses, une dégustation organisée par un domaine s’y déroulait et nous avons pu goûter des vins locaux, c’était top ! À l’intérieur on peut voir aussi des tableaux d’artistes locaux en exposition, et il y a un petit rayon de produits d’épicerie fine du monde entier.
Glücklich Restaurant – Neustrasse 67

Le modeste restaurant Astarix vous accueille à l’intérieur ou en terrasse, nous avons choisi de manger dehors car il faisait très beau …. on y apprécie des salades, des plats avec option végétarienne, à un prix très doux, je recommande !
Astarix – Karl-Marx Strasse 11

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7 réponses sur « Trèves en Allemagne »
une si jolie ville ….
cette mosaïque de Nennig est impressionnante ! merci pour la découverte
de bons souvenirs j’avais visité en voyage scolaire il y a très longtemps
Une bonne idée de balade pour changer des « grandes » villes !
oui, Trèves mérite d’être davantage connue, c’est sûr !
La cathédrale Saint-Pierre a un aspect fortifié vraiment unique, on dirait presque un château ! J’aime beaucoup votre recommandation pour le cloître, c’est souvent dans ces endroits calmes qu’on ressent le mieux l’âme d’une ville. Les photos des façades du Hauptmarkt sont superbes aussi.
Passionnant cet article ! J’ignorais que Trèves avait été la capitale de l’Empire romain d’Occident. La Porta Nigra est vraiment impressionnante, surtout quand on sait qu’elle tient sans mortier… c’est une sacrée prouesse architecturale. Merci pour ce rappel historique !