La Roque Saint-Christophe

Ce paysage vous semblera sans doute un peu anachronique puisque mes photos ont été prises au mois de janvier lorsque je suis allée dans le Périgord pour la fête de la truffe de Sarlat.

J’étais accompagnée d’autres journalistes et blogueurs et l’office de tourisme nous a emmenés voir le site troglodytique de la Roque Saint-Christophe, à environ 30 kilomètres de Sarlat.

Petit rappel : troglodyte, troglodytique,  c’est quoi ? Un troglodyte est un « animal ou un humain qui habite une caverne, ou une demeure creusée dans la falaise ou s’appuyant contre dans le roc ou s’appuyant contre des falaises ou des grottes naturelles » (source : Wikipedia) On en déduit donc facilement ce qu’est un habitat troglodytique, et ce site en est un exemple typique.

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Surplombant la rivière Vézère, cette falaise calcaire longue d’un kilomètre et haute d’environ 60 mètres comprend cinq terrasses, qui furent à l’origine creusées par l’érosion des eaux de la rivière, et par l’action du gel sur le calcaire pendant les périodes glaciaires de l’ère quaternaire. Les hommes s’y sont installés dès la préhistoire, sûrement d’abord les chasseurs (l’Homme de Neandertal puis l’Homme de Cro-Magnon), puis à travers les autres époques également, pour des populations sédentaires.

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Le temps passe et les habitants se succèdent sans interruption, aménagent la falaise, creusent …. On a pu déduire par exemple qu’une forge y avait été installée, des bassins, des placards, des étagères, une étable, un fumoir, et même un coffre-fort, creusé dans la roche ! Un fort et une cité se partagent la falaise.

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Dans le mur, cette maquette représente la partie du site comprise entre le tunnel et l’église qui est un peu plus loin. C’est avec des documents d’archive qu’on a pu reconstituer ce village, et aussi en étudiant les aménagements sur les parois (trous, rebords …). C’est l’image de la cité troglodytique à la fin du Moyen-Age ; elle fut démantelée à la Renaissance.

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C’est Gabriel Touron qui débroussaille le site tombé en désuétude, vers 1938, intrigué par un grand trou carré qu’il voyait depuis l’autre rive. Il dégage alors les terrasses et un escalier taillé dans le rocher. Grâce à lui la cité troglodytique reprend vie, et devient, petit à petit, le site touristique qu’on connaît maintenant : « La Roque Saint-Christophe, boulevard de l’Humanité ». Il est classé, ainsi que la vallée environnante, à la liste des Monuments Historiques, et également au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

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Dans l’un des renfoncements qui devait être la forge, on a reconstitué quelques uns des outils ou objets utilisés.

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Concrètement, le mur de la falaise constituait le mur arrière des maisons ; on y perçait des niches où étaient disposées des poutres (on a recensé plus de 12000 trous !). A l’avant, les poutres étaient soutenues par des pieux verticaux.

Sur la photo un peu plus haut, vous voyez le type de tuiles utilisées pour le toit, des pierres plates appelées « lauzes ». Les murs étaient en torchis et en bois. Ce n’est que plus tard vers les XVème et XVIème siècles qu’on a ajouté des façades en pierre, en utilisant les ancrages d’origine dans la roche.

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Ci-dessous : le treuil de puits et le treuil à tambour. Au premier plan, le treuil de puits servait à lever deux charges avec la même corde (quand une charge monte, l’autre descend). Il servait à remonter des seaux d’eau qui étaient remplis dans une rivière ou un cours d’eau à l’aplomb de l’engin. Le treuil à tambour, au second plan, est aussi appelé « cage à écureuil » ; il permettait de soulever de très lourdes charges (jusqu’à 500 kg, et même une tonne si deux hommes le manipulaient).

A l’arrière-plan, le pont de Moustiers sur la Vézère.

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Nous repartons sous le regard un peu inquiétant de la sentinelle, qui défendait le lieu devenu forteresse … Je vous conseille vivement cette visite, il existe plusieurs formules, visite libre ou guidée, avec ou sans atelier … Prévoyez des chaussures plates pour être à l’aise pour marcher et gravir quelques marches, sans difficulté.

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Il y a d’autres lieux troglodytiques dans le Périgord, alors pourquoi ne pas aller visiter le village de la Madeleine un peu plus loin, ou la maison forte de Reignac, ou les grottes du Roc de Cazelle ?

LA ROQUE SAINT-CHRISTOPHE
24620 PEYZAC-LE-MOUSTIER
Téléphone : 05 53 50 70 45
Site Web : http://www.roque-st-christophe.com

 

8 commentaires

  1. 1

    J’aime beaucoup le Périgord, j’y vais de temps en temps mais je n’ai jamais visité la Roque Saint Christophe. Je note pour la prochaine fois! Bonne journée

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      bonjour Mali ! j’étais logée rue de la Liberté dans les chambres du Glacier, très bonne situation ! Votre blog est vraiment de grande qualité, bravo !

  5. 7

    J’aime les jolies teintes de tes photos qui semblent venues d’un autre temps.
    Le Périgord est une région que je ne connais guère encore mais me tente beaucoup pour son côté sauvage et calme. Un périple Périgord, Dordogne et alentours me tentent bien pour cet été, je note donc cette adresse précieusement, merci !

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